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Face aux objets abandonnés, cassés ou usés, je m’interroge tel un ethnographe poète, en les transformant, en les mettant en scène au milieu de sculptures en bois, en calcaire ou en pierre. Entre mémoire, ironie et dérision certaines sculptures semblent avoir été oubliées sur une grève après un long voyage, d’autres assemblages absurdes intriguent, questionnent. J’aime les machines archaïques, rudimentaires, je travaille dans le grinçant, le décalé, la dérision.

En fait, j’aurais voulu être archéologue. Lorsque je refais fonctionner des objets obsolètes, collectés un peu au hasard des décharges, des greniers, ou des plages… c’est comme si je racontais des histoires avec des souvenirs, ce sont des évocations du passé qui parlent de l’histoire singulière de gens ordinaires.

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Installations éphémères (La Fête des Duits – Rafraîchissements artistiques, Bords de Loire, Orléans, 2017)

Du 10 au 16 Août 2017 a eu lieu la 7ème édition de la fête des Duits pilotée par Arnaud NANO Méthivier.

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De nombreux artistes, musiciens, circassiens, clowns, danseurs, plasticiens ont oeuvré ensemble à la création de balades artistiques au petit matin et à la tombée de la nuit sur une île de la Loire exceptionnellement ouverte au public (Bernat Combi, Anouch Krikorian, Philippe Ollivier, Karl Verdot, Pierre Marie Braye Weppe, Serge Ambert, Andréa Sitter, Heidi Clavier, Joël Thépault, El Paro, Jo Ferreira, Pierluca Galvizio, Jano​, Lurluberlue, Acrobate Circus, Séverine Bennevault Caton, Isabelle Buyse, Adell Nodé Langlois, Paula Malik et Arnaud NANO Méthivier).

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Parenthèse poétique pleine de surprises, la fête des Duits accueillait également cette année des sculptures de Pierre Merlier.

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Les lumières de la ville au loin répondent aux vacillement des lanternes.

Les installations attendent et accueillent les performances au gré de l’imaginaire (ici Andréa Sitter et Bernard Combi).

 

Scénographie et objets, « Poids Plume », Spectacle sonore de la Compagnie Ouïe/dire (Théâtre de l’Odyssée, Périgueux 2016)

Conception interprétation : Jean-Léon Pallandre et Marc Pichelin
Création lumière : Cédric Cambon
Création 2016 en tournée

Poids-plumes.

par

Ouïe dire

à Périgueux, 23 mars 2016

Ils sont de la race de la caresse, de sa zébrure.

Ces artistes, et les enfants.

Une création sonore sur scène sans exclure l’oeuf du péril.

Dans le noir, un assemblage de bambou debout. Comme l’éclat calmé d’une coquille d’oeuf géant esquissé à la règle.

Tout cela est EXTRÊMEMENT précis ET léger.

D’une poésie anti-statique .

 

 (La fête des duits, Rafraichissement artistique, Orléans 2016)

« La fête des Duits » est née de la volonté d’Arnaud NANO Méthivier, artiste expérimental, de créer en pleine nature, au milieu du fleuve Loire, un espace culturel original entièrement voué à la création moderne et contemporaine, où les arts plastiques voisinent avec la photographie, la musique de création, le théâtre, la danse, l’architecture et le cinéma. »

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 Embâcle (Sentier des arts, rives de la Gironde, port de St Seurin d’Uzet 2016)

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Rehaussée, sur des rames calcinées, une embarcation – cocon rudimentaire. Quelque chose d’étrange a demeuré là, échoué… et s’en est échappé, déjà… Mutation d’une nasse primaire, remontée du fond d’un fleuve ? qui serait allée chercher, des bribes de notre histoire et de ses mondes enfouis, vers de nouvelles métamorphoses …

Travailler dans le lit d’une rivière presque à sec où ne coule qu’un peu d’eau et construire une sorte de grande nasse en gaulettes de bois tressées maintenue par des barres de bois dans le centre du lit de la rivière orientée vers l’amont en attente des crues d’automne… la nasse sera conique et le maillage suffisamment grand pour que les visiteurs se questionnent devant cette installation en attente …Embâcle, débâcle de nos mémoires fossiles …

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La Face cachée de la pierre (Symposium international de sculpture sur granit, Laongo Burkina Faso 2016)

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La face cachée de la pierre.
Vu
son énigme de feuillets.
Vu
les rouleaux de papyrus
se croisant pour presque toujours.

L’invite
sous d’autres cieux
toujours pourtant proches
mais dissemblables et irrépressibles.

Le temps a passé.
La pierre est silence.
Vierge le ramage.
Sauf que.

Peut-on penser sans parler ?
Le silence n’est pas de l’homme
il est,
secondaire
il est,
à sa parole-sphère
lisse et polie d’existence venue
par
l’oeil immense
qui se meut vif et natif
à travers les surplus des bases, les évidences.

Le verbe traverse le temps et l’épaisseur des masses.
La langue possède un coin insu touchant.
L’écriture et la voix
la pensée alerte
toutes sensibles et feu
acceptent
de se voir sculptées au dedans du dur.

Les premiers sillons creusés
inaugurent leur érosion.

Tu m’avais parlé autrement,
Simon.
Tes fragments de scènes entières
me font commencer à écrire
et lire
au service des poussières
qui s’envoleront
avec nos voix.

(Isabelle Claudel 2016)

 

 » Choisir une pierre dans le chaos granitique et établir un dialogue avec ce rocher… Sentir les forces  cachées à l’intérieur de cette masse, les tensions. Petit à petit rentrer dans la pierre, l’idée de départ est de créer un enlacement. Se laisser sculpter par la pierre dans le voyage intérieur isolé de l’extérieur par le casque anti-bruit, les lunettes, et le masque à poussière comme un cosmonaute dans l’espace parti explorer les étoiles…. Creuser dans la masse dure du temps. Les forces cachées qui s’entrechoquent sont elles généreuses… »

Reliquaires éphémères (Nuit des musées, Cloître de Tulle 2014)

 


Trois sphères d’os. Évocation d’autres « gisants » et de leurs métamorphoses. Ces sphères , sont réalisées avec des vieux os de boucherie. En sourdine, est suggéré  le lien entre nourriture terrestre et  toute opération qui tend vers « le subtil »,… le spirituel commence par des opérations de bouche. Dans le silence aujourd’hui, non loin de la porte murée de l’ancien réfectoire des moines, les sphères d’os cherchent à susciter des correspondances …

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Châsse Sténopé espace du Jardin. La nécessité de cacher pour faire accéder à une autre vision du cloitre renvoie poétiquement au reliquaire. La dimension de mystère est mise en suspend  avec des moyens rudimentaires un petit trou dans la paroi d’une chambre noire, le visiteur est invité à y entrer ; par le sténopé  , dans cette « vision intérieure »,  le sol devient le ciel…images du cloitre inversée. Photophore, porte-lumière à l’extérieur, et à l’intérieur, cette création ferait du regardeur le gardien d’une sorte de « transhumance », migration renversante des faisceaux lumineux jusqu’à leur statut d’images « stables » à nos yeux …..

Deux châsses radiographiques
Ces deux éléments reprennent la forme de la châsse qui elle même contenait les reliques d’un saint jusqu’à la Révolution.
La beauté des radiographies , leur translucidité est mise en valeur dans ces créations carrossées  de roues de poussettes……
Dans le domaine du soin, l’interprétation des médecins tente d’élucider le cliché , la trace de ce que le vivant détient secret . Plus on prospecte profond pour y voir, et plus cela échappe encore quelle que soit l’échelle conquérante adoptée…

 

 

Eldorado (Association Artère, Canal latéral de la Garonne, Lagruère 2014)

Pour beaucoup, la réussite à l’américaine est encore un rêve vers lequel ils désirent aller… « Le pays doré », ce mythe perdure depuis la découverte des Amériques. On assiste à une mondialisation des économies, des échanges… Les systèmes d’exploitation, de consommation, de transport sont en train de modifier le climat de notre planète ainsi que d’épuiser dramatiquement ses ressources. Le « rêve américain » risque de devenir un cauchemar pour tous…

La sculpture « eldorado » est comme une suite écologique au « rêve américain » incitant à réfléchir sur nos pratiques de consommateurs… découvrir la nature dans une autre mobilité : celle des sens en éveil…

Cocon (Point de vue Rivages extraordinaires, art éphémère en chemin de Garonne, Quinsac 2013)

Rehaussé, sur des lances calcinées, un cocon rudimentaire. Quelque chose d’étrange a demeuré là, caché … et s’en est échappé, déjà… Cocon, mutation d’une nasse primaire, remontée du fond du fleuve, qui serait allée chercher, non des poissons, mais des bribes de notre histoire et de ses mondes enfouis. Succédant aux alluvions qui les ont altérées et précieusement retenues dans le lit des flots, la vase, elle, tirée des rives, operculaire la nasse, aurait enclos le risque d’une nouvelle phase de métamorphoses…
Le même un peu plus loin, plus ou moins tard, L’eau décalée/La mince chance d’une mise hors-champ/Nasse devenue vivier sec, Le retour du trouble en nous des traces vulnérables/Feu de l’incertain.
A quoi sert le voisinage des réminiscences ?
À l’épaisseur de la vie, aux mailles aérées de son étrangeté.
Le secret s’est distingué de l’opacité, peu à peu, et y chavire régulièrement aussi.

 

(Symposium international de sculpture sur granit, Laongo Burkina Faso 2013)

Le granit de Laongo

jeudi 21 février 2013. Ce matin, nous trouvons les vélos crevés et comme tous les jours, les robinets qui fuient. Ici, il y a l’eau depuis trois ans grâce a un nouveau barrage qui alimente Ouagadougou. Mais il n’y a pas de plombiers. c’est d’ailleurs la même personne qui répare les chambres a air des vélos et les fuites des robinets… Enfin un vélo à 3 heures  et une moto qui m’amène jusqu’à Ziniaré ! Je suis tiré par le tissu que mon chauffeur à moto apporte chez le tailleur pour faire un costume. On réussit même à doubler un camion citerne qui nous aveuglait dans la poussière de la route.

Demain déjà, on inaugure les sculptures ; chacun a réussi à s’adapter au granit de Laongo. Certains Burkinabés chanceux ont attendu qu’une pierre les choisisse… et en trois jours ils ont fait ressortir soit un animal ou une femme ou un arbre à palabres…le tout à l’ombre si possible. Pour ma part j’ai réussi à encorder un bloc de granit : une histoire de lien avec la pierre ,avec la terre, quelque chose de mystérieux , pour ceux qui passeront jusque là…

Comme je le dis aux autres, il faudra que nos sculptures soient oubliées plusieurs fois avant de peut être avoir un sens.

On écoute Lionel qui est venu plusieurs fois travailler ici. Il nous parle des anciens sculpteurs qu’il a rencontrés en nous montrant les œuvres du premier site. Certains sont morts, déjà. On est ému par son récit : le travail ,les fêtes, les aventures, l’ancien campement en terre qui maintenant ressemble à un site archéologique. Il est là, les deux pieds ancrés, dans cette terre africaine et moi, je regrette de n’être pas venu avant.

Comme disait Pierre Dac,  Partir c’est crever un pneu….

Lundi 25 février 2013. Au milieu de la brousse, c’est la révolution des téléphones portables. On écoute de la musique à fond. Certains ont deux portables autour du cou. Idrissa sculpteur-bronzier, il y a deux jours, moulait un « Giacométti en cire d’abeille  qui marche » grandeur nature avec de l’argile mélangée a de la crotte d’âne. Dans le noir, sous le hangar en tôle prêt à nous tomber sur la tête, Il s’éclaire avec son téléphone portable. Il nous montre la charpente du doigt, là où ça doit lâcher, dans un grand éclat de rire.

Nous sommes ici, au pays des origines, de l’homme et de la femme qui marchent…

Idrissa en est au deuxième « homme qui marche » commandé par un Français, juste en regardant une mauvaise photocopie de l’original.

Dimanche il nous a fait faire un grand tour dans la brousse par les petites pistes pour voir sa famille. Son père de 8o ans, fort comme un baobab jardinait en tenant un vieux téléphone blanc. Le soir, chez lui, à l’ombre, il tenait toujours ce même téléphone comme un bâton de pouvoir.

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Laongo novembre 2016

Chronique de Jacques Tramon à Laongo

Lits d’eau (Horizon Sancy Rencontre art et nature, Lac Chambon 2011)

Composé de 7 lits en fer forgé, de lampes de chevets et d’une enseigne lumineuse éclairées par un système solaire.
L’installation dévoile discrètement sa dimension surréaliste en fonction des conditions lumineuses ou climatiques et des moments de la journée ou de la nuit. L’apesanteur déconcertante de l’œuvre et la surprenante tenue d’un lit sur l’eau réveillent les sens et la perception, en particulier celle de la beauté des reflets souvent infidèles, plus frêles, déformants, plus tremblants que leur original. Au sein même du regroupement des lits d’eau, se presse un effet d’autonomie et de mouvance de chaque élément. Ce dérèglement dédoublé incite avec douceur à mesurer la vulnérabilité des constructions humaines, solidaires ou même poétiques.
Le côté étrange de cette œuvre invite les visiteurs en activité de marche à entrer en contact avec le contraste proposé: celui de l’immobilité horizontale, de son abandon réfléchi se ressourçant à l’infini dans cette nature à ciel ouvert, dans le silence propice au rêve, chemin possible de mémoire, de frôlements d’origine…

Passerelle (Atelier mené à l’école maternelle Françoise Dolto, Couzeix 2009)

 

Entre les gouttes du temps qui passe…

Sur la passerelle,
grise comme une triste cendrillon,
les balais sèment les fleurs, les ors.
Les doigts des enfants cardent des genêts.
Les mains de toutes couleurs
propagent
les pluies de pétales dociles.
D’entre les mousses,
la passerelle est belle comme une promesse…
Pour faire apparaître une passerelle de fiançailles,
il faut enfin savoir s’éloigner lentement face à face …

(I . Claudel )

A quelques pas du ciel (Résidence art dans la nature, 2008)

 

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Dans ses rêves, l’homme se mit à accorder une trouée à la mémoire sensible de la nature. Cela devint sa nécessaire brûlure de liberté.  
Attraction terrestre
Une idée, un de ces jours, s’est mise à tourner de la voûte céleste de la tourelle du château jusque sous le crâne d’un homme invité autour d’une table fraternelle et de ses ventres ronds…Écrire à la tronçonneuse une trace du premier rêve de l’homme avec le ciel.
Désinstaller
De St Jean de Chépy à St Jean de Chépy,

A quelques pas du ciel…
Une voûte ramenée à sa racine forestière, transplantée au pied de la tour, sur une île de ruisseaux, cernée par les entrailles bruissantes d’une canopée ininterrompue, à même ce sol constellé de lucioles .. ciel inversé des nuits préparatoires.
Tremper son regard et le détourner sans cesse.
La figure protectrice de Calliope en petit gaucher, enfantant un geste d’écriture : tremper son regard en bas, avant même de tremper sa plume dans l’encre, le sépia, vers une trace, celle de celui qui avoue qu’il ne sait pas, mais se laisse guider dans une torsion du corps vers l’audace d’inventer des constellations, toile d’araignée vitale et impossible …
Semer les graines du vide
Venues de l’arbre vertical, les planches ici retrouvent la position d’une croissance, mais maintenant pour d’autres qu’elles … Redressées, elles provoquent comme une gestation pré-historique …
Le rêve en puissance cherche sa graine et son terreau à l’extérieur… Dans la planche du rêve est re-désiré et saisi dans un cerne un extrait de vie renversant : nature ou sentiments qui y circulent entre hommes et femmes de passage, infinis entrelacs de lignes et de lettres en attente . . .
Traversant le pochoir sculpté,  il n’est plus de décor en arrière … Le vert frissonnant revient devant les yeux pour être relu au même titre que le rêve sculpté.
Les graines sont le passé d’une forêt et sa floraison promise, ici en un terreau humain, les formes désencloses  des planches fibreuses sur lit de verdure se révèlent occasions de mariages du fixe et du changeant, miroirs troués de secrets à la source d’une même origine …
Semences d’une envie d’écriture
Dans les images des rêves de bois debout des habitants éclipsés, se dévoilent comme un coin de néolithique …

Ce singulier néolithique où la première plantation serait celle des planches de rêves …

Bien avant les sillons droits , et les fiers savoirs,  voici les trous et contours, pointillés de périmètres qui s’essaient concentriques…à la verticale aussi bien qu’au ras du sol.

Sinon point d’humain

Quelle drôle d’idée quand on s’imagine être un homme, de commencer à se saisir de l’égard de creuser un ventre maternel rien que pour ses rêves.
A quoi rime de perdre son temps utile à leur redresser une stature infiltrée de mémoire de nature …
Tel l’élan du scorpion qui se hisse comme transi de désir et d’abandon , rêvant peut-être d’interrompre pour un temps sa reptation initiale …

Rêveflexion (Etangs d’art, Etang de St Maugant 2006)

Les lits de nos nuits se souviennent-ils de nos rêves sur des lacs immobiles…

Un jour, vers mes 14 ans, mes grands-parents bretons émigrés en Limousin depuis les années 1920 avaient reçu la photographie polaroïd d’un de leur cousin breton mort au pays de sa vieillesse. La photo le montrait assis dans son vieux lit en bois, entouré de fleurs,les yeux fermés et les mains croisées tenant un chapelet. A la fin de sa vie il était jardinier chez les soeurs. Il ressemblait beaucoup à mon grand-père. La photographie l’immortalisant était passée de mains en mains dans un certain cérémonial appuyé de quelques commentaires admiratifs ou plus ou moins souriants…

Quelques années plus tard vers mes trente ans voulant remonter vers mes origines, je suis revenu en Bretagne à Pont Melvez dans la petite ferme que je croyais être celle de mon grand-père paternel; elle appartenait à une vieille cousine religieuse et n’avait pas été habitée depuis longtemps. Nous dormîmes dans un ancien lit en bois pendant quelques jours. Le matin du départ en passant un coup de balai, je fis ressortir de sous le lit un petit carré de papier de 10 sur 10 cm environ … En le regardant de plus près je reconnus aussitôt la même photographie du cousin mort dans son lit vingt ans plus tôt; et en prenant un peu de recul, le lit de nos rêves durant ces trois jours était celui de l’image…

Le Rendez vous (Etangs d’art, Etang de Gaël 2005)

‘’Le futur comme le passé est une porte, un seuil.’’

Silencieux, marchant sur l’eau ils semblent nous regarder et nous faire signe comme des veilleurs de nuit venus faire leur ronde sur terre jusque dans nos rêves.

Une femme debout en robe s’appuie sur un landau,le visage caché par un foulard.

Un homme assis dans un fauteuil tenant un livre, une lampe de chevet allumée, une valise posée à côté de lui.

Un autre personnage un peu plus loin, debout, avec une valise à la main ; il porte un costume et des bottes, un sceau renversé sur la tête.

Trois personnages du début du vingtième siècle au milieu d’un étang dans la forêt de Brocéliande, la forêt des mythes et des légendes. Ce sont peut-être mes origines bretonnes qui m’ont poussé à inventer des ancêtres à partir d’objets ordinaires que je collecte (chaussures, vêtements, valises…) comme un ethnographe poète.

Quelque chose de présent et d’impossible à la fois, renforcé par la profondeur de l’eau, sa masse et le reflet du ciel …

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Exode (Le Vent des forêts, 2002)

Exode, Le Vent des Forêt 2002 (Lahaymeix, Lorraine)

C’est peut-être un exode, du à la guerre ? ou à un cataclysme ? Plusieurs voitures semblent enfoncées dans la terre (coulée de boue?). Les arbres ont repoussés autour, les bagages sont restés attachés sur les galeries et on revient d’un futur lointain s’interroger sur ce lieu.